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Affichage des articles du juillet, 2001

Le Grand Khan

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"... Le Grand Khan essayait de se concentrer sur le jeu : mais à présent, c'était le pourquoi du jeu qui lui échappait. Le terme de chaque partie était une victoire ou une défaite : mais sur quoi ou de quoi ? Quel était l'enjeu véritable ? A l'échec et mat, à la place du roi enlevé par le vainqueur, il n'y a rien : qu'un carré noir et blanc."


Isadora

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"Il vient à l'homme qui chevauche longtemps au travers de terrains sauvages, le désir d'une ville où les palais ont des escaliers en colimaçon incrustés de coquillages marins, où l'on fabrique lunettes et violons dans les règles de l'art, où lorsque l'étranger hésite entre deux femmes il en rencontre toujours une troisième, où les combats de coq dégénèrent en rixes sanglantes mettant aux prises les parieurs. C'est à tout cela qu'il pensait quand il avait le désir d'une ville. Isidora est donc la ville de ses rêves : à une différence près. Dans son rêve, la ville le comprenait lui-même, jeune ; il parvient à Isidora à un âge avancé. Il y a sur la place le petit mur des vieux qui regardent passer la jeunesse ; lui-même y est assis, parmi les autres. Les désirs sont déjà ses souvenirs."

Illuminations et nuits blanches

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"Tout ce qui arrive dans mes romans m'est arrivé ou finira peut-être par m'arriver."

Ma vie repose entièrement sur le travail et sur l'amour, et j'en remercie Dieu. Le travail n'a pas toujours été facile. L'amour non plus, dois-je ajouter."


Le livre divin

e"Que je vive ou non je suis l'aimé, le souverain, le roi.
Et pourtant, que je sois mendiant ou que je sois César, quelle que soit ma condition, c'est à toi que j'appartiens."

Farid-od Din Attar, Le Livre divin.

"Il ne demanda pas un instant si ce qui lui était donné était bon ou mauvais ; il se dit seulement que cela venait du Seuil divin.

La damnation étant la faveur que le Seigneur lui réservait, il l'accueillit de toute son âme. Et ce fut tout. "

Farid od Din Attar, Le livre divin.


"Dans le sommeil tu étais inconscient, tu étais au-dessus des éloges possibles ;

Mon âme s'épanouissait au spectacle de ta beauté ; tu n'existais plus car je m'étais substitué à toi.

Mais aussitôt que tu revins à toi l'aimé disparut ; toi devenu le soupirant, l'objet des soupirs s'évanouit."

Farid od-Din Attar, Le livre divin.

"Tu es le roi de l'empire, ton coeur est ton roi, et je règne en roi sur ton coeur.

Même le ciel env…

L'honneur du monstre

"- C'est vrai que vous n'aimez pas la démocratie...
- La démocratie, c'est la dictature des bien-pensants..."

Journal Intime, Marc-Edouard Nabe, p. 524.

"Chez Jünger, je dois lire le roman Orages d'acier qui va au fond de l'odieuse passion de la mort et du meurtre en Quatorze, la jubilation de tuer... Dans les souvenirs si puérils de Banine, bouillante Caucasienne qui en pinçait pour le bel Ernst glacial, on trouve certaines visions intéressantes : la psychologie du nazi malgré lui, du poète vert-de-gris y est bien brossée. On sent bien ce détachement dandy qui fait de Jünger un observateur unique de l'occupation boche, vue du dedans et du lointain... Par exemple, très au courant du complot contre Hitler, il échappe aux représailles grâce au Führer lui-même, toujours ébloui par les vieux Orages du lansquenet zélé... Banine insiste sur son Journal qui "pourrait à lui seul le mener au poteau d'exécution s'il tombait entre certaines mains.…

Quelle belle journée que celle de la mort de Tino Rossi !

"Mardi 27 septembre. - Cinquante-neuvième aniversaire de Bud Powell. Je sens autour de moi une aversion féroce sourdre au sujet d'Hélène. Plus personne ne peut la sentir. En ne me donnant aucune nouvelle, elle s'est grillée auprès de mes amis, à jamais. La belle surprise du retour ! "Tu vaux mieux que ça... trop grand pour elle... inadmissible... elle avait un fauteuil, maintenant elle a un strapontin... ". Taisez-vous, jaloux, je sais qui j'aime.

Emotion sans pareille : parmi les coups de téléphone à donner à l'étranger sur le compte de cette crapule de Charlie, j'appelle Hélène à New York. Pour elle, ça fait huit heures du matin. Rarement nous avons vécu quelque chose d'aussi fort. J'étais mouillé des pieds à la tête. Elle n'arrivait plus à parler que par saccades chevrotantes. Moi je n'avais plus de salive ni de jambes. Ce n'est pas possible d'être si incurable que ça. Notre union est indestructible, je le sens bien là. Nous…